Télérama

Les méthodes controversées de Caroline De Haas : retour sur le licenciement d'un journaliste de « Télérama »

13 min

ENQUÊTE 1/3 – Un ex-journaliste de Télérama, qui avait déjà gagné face à son ancienne rédaction en 2021 aux prud'hommes pour licenciement abusif, vient de voir la décision confirmée en appel.

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Caroline De Haas dirige le cabinet Egaé.Alain ROBERT/SIPA

François (prénom modifié à sa demande) a d’abord décliné nos propositions de rencontres, ne souhaitant pas s’exprimer sur une histoire qui reste, selon ses mots, « une plaie ouverte, une plaie à vif, même quatre années après le traumatisme ». Reparler de tout ça, c’était, disait-il, « replonger dans ce mauvais roman kafkaïen ». Finalement, l’ancien journaliste a accepté une conversation téléphonique.

Mardi 28 novembre 2023, François vient de voir la cour d’appel confirmer sa victoire aux prud’hommes face à son ancien employeur, la rédaction de Télérama, après une première décision favorable, en 2021.Télérama est condamné pour licenciement abusif et sans cause réelle, et devra verser 90.000 euros de dommages-intérêts à François. L'entreprise devra également rembourser à Pôle Emploi une partie importante des allocations chômage versées à son ancien salarié. 

L'entreprise avait eu recours au cabinet Egaé, dirigé par Caroline De Haas, en 2018, mandaté pour sensibiliser les employés aux violences sexistes et sexuelles. C’est le travail de ce dernier qui a mené à une enquête RH qui a abouti à son licenciement.

Licencié pour « faute simple »

« Suite à l’enquête impliquant le cabinet Egaé, à la fois opaque et truffée d’irrégularités (sic), et après trois mois pendant lequel je n’ai jamais réussi à savoir à ce qu’on me reprochait exactement, j’ai été licencié pour "faute simple", avec encore deux mois de préavis à faire, mais chez moi, sans avoir le droit de remettre le pied au journal. Je n’ai même pas pu dire au revoir à mes collègues, dont plusieurs que je considérais comme des amis, raconte François, la voix brisée. En juillet 2019, le jour où on m’a demandé de venir vider mon bureau à l’issue de ce préavis, j’étais escorté par une DRH, et j’ai dû y aller à 8 heures du matin, parce qu’on ne voulait...

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