Guerre Israël-Hamas

Après la manifestation du 25 novembre, le fossé se creuse encore dans les milieux féministes

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Depuis les manifestations féministes du 25 novembre, le rejet de militantes dénonçant les attaques perpétrées par le Hamas sur les femmes israéliennes ont créé de profondes divisions.

Manifestation féministe du 25 novembre, à Paris
Depuis les manifestations féministes du 25 novembre, le rejet de militantes dénonçant les attaques perpétrées par le Hamas sur les femmes israéliennes ont créé de profondes divisions. CARON/ZEPPELIN/SIPA

« Je ne vois pas comme un débat le fait de dénoncer les violences et sévices subis par les femmes israéliennes. J’ai essayé de créer un dialogue, j’ai interpellé de nombreux collectifs et associations, comme toutes mes amies féministes. En vain pour beaucoup, encore aujourd’hui », confesse Olivia Cattan, journaliste, autrice et militante féministe franco-israélienne.

Dans une tribune publiée le 8 novembre et relayée par Libération, Olivia Cattan s’adressait notamment à Amnesty International afin de demander la reconnaissance d’un féminicide de masse à la suite des attaques du 7 octobre qui ont entraîné des centaines de crimes envers des femmes israéliennes.

Des retardataires, des absentes et des soutiens

Après les attaques du 7 octobre, Olivia Cattan, présidente de l’association féministe Paroles de femmes a entrepris de recouper et recueillir des témoignages, obtenir et visionner des vidéos de sévices afin de garantir les récits de viols, mutilations et tueries de femmes israéliennes.

« J’ai lancé l’appel pour une reconnaissance d’un féminicide de masse et me suis alors aperçue que dans le milieu féministe je n’avais pas de réponse immédiate. Je savais que le soutien du collectif Nous Toutes était perdu d’avance. Ses fondatrices Caroline De Haas et Anaïs Leleux m’avaient confirmé le déchirement interne des militantes. Mais je ne m’attendais pas à une telle violence du collectif "du Pain et des roses", dont des membres m’ont traitée de "sale blanche", "sale bourgeoise", "sale sioniste" », déplore Olivia Cattan. « Elles m’ont accusé de faire de la propagande israélienne, en étant notamment une espionne du gouvernement après que j’ai tenté d’entrer à plusieurs reprises en discussion avec eux. Nous n’étions plus dans un débat sur le droit des femmes, j’étais ramenée à ma judéité et non à mon engagement féministe de longue date. » Contacté, le collectif « du Pain et des roses », collectif étudiants d’extrême gauche...

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