Justice

La cellule de communication de crise des procureurs jamais sollicitée en 1 an

Frédéric Crotta
2 min

INFO FACTUEL - Une cellule de crise « privée » a été installée il y a un an pour épauler la communication des procureurs. La cellule, pour laquelle le ministère avait prévu un budget de 500.000 euros, n’a jamais eu de travail.

Tribunal
Devant la salle d'audience du procès du 13 novembre 2015, au palais de justice de Paris.Sabrina Dolidze/SIPA

Tout le monde n’a pas la verve d’un Éric de Montgolfier du temps de l’affaire Tapie, ou l’aisance et le charisme d’un Jacques Dallest. Pour un haut magistrat, la prise de parole devant les médias est un exercice d’autant plus redoutable qu’il ne laisse place à aucune improvisation et ne supporte la moindre bourde.

La possibilité pour les procureurs de la République de communiquer sur une affaire a été introduite en 2000. Une prérogative qui vient d'être renforcée par la loi intitulée « pour la confiance dans l’institution judiciaire », initiée par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti. Pour ces magistrats, l’exercice de la communication peut se révéler périlleux, notamment face à la médiatisation parfois intensive de certaines affaires.

C’est le ministre de la Justice qui a eu l’idée de créer une cellule de crise issue du privé afin de « professionnaliser » la communication et d’épauler les procureurs dans cet exercice. L’idée, nous a confié le ministère, est « de leur apporter les outils les mieux adaptés, sans intervenir sur le choix des éléments de fond à relayer dans la presse ». Une initiative qui peut paraître étonnante. La plupart des grands parquets français, y compris le financier, bénéficient des services d’un magistrat spécialement chargé des relations avec la presse.

Une enveloppe de 500.000 euros immaculée

C’est un modeste cabinet de conseil parisien, Crisalyde, qui a raflé la mise en mars 2022, face à 9autres candidats. L’appel d’offres (1) prévoyait un certain nombre de conditions : être disponible 7 jours sur 7 et  24 heures sur 24, mais aussirépondre dans l’heure à la juridiction qui sollicite le conseil. Et ce, pour une durée de 72 heures.

Or, jusqu’à ce jour, aucun parquet n’a fait appel à cette cellule. Aucune commande n'a donc été facturée au ministère, qui n’a pas eu à piocher dans le budget de...

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