Conflit israélo-palestinien

L’IA au cœur de la stratégie israélienne à Gaza

9 min

À la fin du mois de novembre 2023, les autorités israéliennes indiquaient que, dans les 35 premiers jours du conflit à Gaza, elles avaient frappé plus de 15.000 cibles – soit trois fois plus qu’au cours des 51 jours qu’avait duré l’opération « Bordure protectrice », en 2014.

Vidéo de l’armée israélienne
Capture d’écran d’une vidéo de l’armée israélienne diffusée le 2 novembre 2023 montrant des frappes sur la bande de Gaza. Israeli Defence Forces Israeli Defence Forces

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.


À la fin du mois de novembre 2023, les autorités israéliennes indiquaient que, dans les 35 premiers jours du conflit à Gaza, elles avaient frappé plus de 15 000 cibles – soit trois fois plus qu’au cours des 51 jours qu’avait duré l’opération « Bordure protectrice », en 2014.

Quelques jours plus tard, le magazine d’investigation israélien +972 dévoilait une enquête révélant les raisons de ce rythme effréné : un programme informatique dopé à l’intelligence artificielle (IA) surnommé Habsora – l’Évangile en français – et fonctionnant comme une « usine à cibles », 24 heures sur 24.

D’après l’article, ce système capable de traiter des masses de données très hétérogènes et issues de différentes branches du renseignement serait utilisé par Tsahal pour identifier les cibles potentielles de la campagne de bombardements, mais aussi pour estimer à l’avance le nombre de victimes civiles.

Un recours massif à l’intelligence artificielle

En Israël, le recours à ce type de technologies n’est pas nouveau : Tsahal a, en effet, érigé la supériorité technologique face à ses adversaires en objectif clé, notamment dans le cadre de son plan de modernisation, mis en œuvre en 2019 et baptisé « Momentum ». En 2021, déjà, l’opération « Gardien des Murs » avait été qualifiée par l’armée israélienne de « première guerre de l’intelligence artificielle ».

Ainsi que l’expliquait il y a quelques mois l’ancien chef d’état-major Aviv Kochavi, le programme Habsora avait été utilisé pour générer une centaine de cibles par jour, dont la moitié avaient effectivement été engagées. Il rappelait, à titre de comparaison, que jusqu’alors une cinquantaine de cibles étaient identifiées chaque année dans les territoires palestiniens.

Comme l’exposait en juin 2022 la chercheuse Liran Antebi dans les colonnes de la revue Vortex, l’État hébreu s’appuie sur...

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