Guerre Israël-Hamas

Ben, franco-isréalien à Tel-Aviv : « Il y a des rescapés de la Shoah de 1940, et maintenant de celle de 2023 »

4 min

ENTRETIEN – Ben Rozenblum, artiste et galeriste franco-israélien, petit-fils d’enfant caché lors de la Seconde Guerre mondiale, a accepté de nous raconter l’effroi qui saisit en ce moment même la population israélienne.

ben rozemblum
Ben Rozenblum, artiste et galeriste franco-israélien, raconte l’effroi qui saisit en ce moment même la population israélienne.Ben Rozemblum.

FACTUEL. Quel est votre quotidien à Tel-Aviv depuis samedi ?


Ben ROZENBLUM. Entre les bombes, nous sommes maintenant habitués à trouver des abris rapidement, que nous nous trouvions dans la rue, un café, ou chez nous. On attend à tout moment de recevoir des mauvaises nouvelles, car on a tous des amis qui ont participé à cette rave ou qui se trouvent au front. À chaque instant, on a le couperet qui tombe.

Dans le Sud, les associations ont besoin d’aide, je viens justement de me porter volontaire pour y aller. Ils doivent me rappeler, même s’il y a beaucoup de personnes qui se proposent. En attendant, je continue de me rendre à ma galerie, mais 90% des commerces sont fermés. Je m’y rends pour récolter les dessins et les lettres qu’on m’envoie.

La délégation des enfants et des rescapés du massacre dans le Sud demande des dons, donc nous sommes en permanence reliés à nos téléphones, la solidarité est impressionnante. Par ailleurs, l’application « Alerte rouge » nous annonce dès qu’il y a une bombe dans le pays. À Tel-Aviv, il y a encore eu une sonnerie, il y a une demi-heure. Entre-temps c’est un calme fantomatique. Ces prochaines heures, prochains jours, on sait que ça va être les feux d’artifice. Nous sommes tous sur le qui-vive.

Même les nazis n’allaient pas jusque-là.

Comment qualifieriez-vous ce que vous vivez en Israël actuellement ?


Nous trouvons à peine les mots pour décrire ce que nous vivons. Je ne sais même pas si le terme « massacre » est suffisant, il va falloir que nous trouvions de nouveaux mots. Je suis moi-même petit fils d’enfant caché durant la Seconde Guerre mondiale, et j'en viens même avec effroi à me dire que les nazis avaient plus de « classe ». Ils nous mettaient dans des fours et agissaient avec discrétion....

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