Apprentissage

L’apprentissage : entre dérives et gouffre financier pour l’État

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Le nombre d’apprentis a triplé depuis 2018 et frôle le million voulu par Emmanuel Macron. Mais ce succès est loin d’être sans dommage pour les finances publiques. Pire, cette politique extrêmement coûteuse pour l’État est inefficace pour l’emploi et profite à des centres de formation privés pour qui l’apprentissage est devenu un véritable business.

Apprenti dans l'usine de Louet à Trignac
Apprenti dans l'usine de Louet à TrignacSebastien SALOM-GOMIS/SIPA

« Bilan des années folles ». Voilà comment l’économiste Bruno Coquet, auteur d’une note publiée le 15 juin par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), alerte sur la gabegie financière qu’est devenue la politique de l’apprentissage. Longtemps considérée comme une voie de garage pour la jeunesse française, cette formation en alternance est désormais un pont d’or dans la quête d’une insertion professionnelle, une réponse partielle au mal du siècle : le chômage des jeunes, deux fois plus important que celui de la population en général. Promesse de campagne d’Emmanuel Macron en 2017, l’apprentissage a très vite été érigé en grande cause nationale. Dès 2018, le président de la République instaure la loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel », sans l’aval de Bercy. Avec cette réforme, le chef de l’État simplifie les démarches administratives du recrutement pour l’employeur et libéralise le cadre de l’alternance. Les résultats sont plus qu’encourageants puisque le nombre de nouveaux contrats d’apprentissages passent de 321.000 en 2018 à 369.000 en 2019. Mais c’est en 2020 que le plafond de verre a été brisé, à la suite de la mise en place de l’aide exceptionnelle à l’embauche d’un apprenti.

Face à un marché de l’emploi des jeunes particulièrement éprouvé par le premier confinement, le gouvernement décide d’ouvrir les vannes et d’universaliser l’aide publique aux entreprises faisant appel à des apprentis. Grâce au plan « 1 jeune, 1 solution », chaque entreprise se voit alors verser la première année, une prime de 8000 euros pour l’embauche d’alternants majeurs ou de 5000 euros pour ceux ayant moins de 18 ans. Jusque-là réservé aux entreprises de moins de 250 salariés et aux étudiants préparant des diplômes de niveau inférieur ou égal au bac (CAP, BEP, bac pro), le montant a été unifié en 2023 à hauteur de 6000 euros pour tous...

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